>
>
Alarme et évacuation

Alarme et évacuation

Les exigences relatives à  l’alarme et l’évacuation de personnes en situation de handicap sont décrites dans la norme SIA 500 et dans les prescriptions de protection incendie de l’AEAI.

Les prescriptions suisses de protection incendie publiées par l’AEAIne contiennent que des dispositionstrès rudimentaires concernant l’alarme et l’évacuation de personnes en situation de handicap. Pour la conception de bâtiments ou d’installations, la norme SIA 500 «Construction sans obstacles» donne au chapitre 8 certaines exigences fondamentales.

Norme et directives pour la protection incendie de l’AEAI et LHand

La norme de protection contre les incendies de l’association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI) ne contient qu’une seule disposition spécifique concernant la prise en compte des personnes en situation de handicap en cas d’incendie:
«Lorsque la législation fédérale sur l’accessibilité des handicapés aux bâtiments exige de garantir des normes de sécurité incendie supplémentaires, ces normes doivent être définies au cas par cas avec l’autorité compétente» (art. 9 al. 2).

Dans d’autres documents de l’AEAI, certaines prescriptions ont néanmoins pour les personnes avec un handicap une signification particulière, notamment :

  • Est considéré comme voie d’évacuation le chemin le plus court à emprunter, depuis n’importe quel endroit du bâtiment ou de l’ouvrage, pour se rendre un lieu sûr à l’air libre ou dans le bâtiment (norme protection incendie AEAI, ch. 35 al. 1).
  • Les portes des voies d’évacuation et des espaces sécurisés contre l’incendie doivent en général s’ouvrir dans le sens de la fuite et ont une largeur effective de passage de 0,90 m (Directive «Voies d’évacuation et de sauvetage, exigences générales», art. 2.4.5 al. 4).
  • Pour les locaux à usage de bureaux, de commerciaux ou industriels accueillant moins de 20 personnes, les portes ne doivent pas s’ouvrir forcément dans le sens de la fuite. Une largeur de porte de 0,80 m est suffisante (Directive «Voies d’évacuation et de sauvetage», exigences générales, art. 3.3.3 al. 2 et interprétations de la norme SIA 500:2009, A05).
  • Dans les grands magasins et locaux recevant beaucoup de personnes, des marches isolées placées dans un chemin de fuite horizontal sont interdites dans les voies d’évacuation horizontales. Une suite de trois marches est admise, à condition qu’elles soient clairement signalées (Directive «Voies d’évacuation et de sauvetage», exigences générales, art. 3.5.1 al. 2 et interprétation SIA 500, 2018, A05).
  • Dans les grands magasins et locaux recevant beaucoup de personnes, les rampes dans les chemins de fuite ne doivent pas avoir un pente supérieure à 6% (Directive «Voies d’évacuation et de sauvetage, exigences générales», art. 3.5.1 al. 2 et interprétation SIA 500, 2018, A05).
  • L’organisation de la sécurité en matière de protection contre l’incendie comprendra entre autres les mesures qui consisteront à (Directive Prévention des incendies et protection incendie organisationnelle / 12-15 ad chiffre 6.1 Généralités):
    – …
    – avertir les personnes en danger et les évacuer;
    – …
    Pour l’avertissement des personnes en danger, voir le paragraphe «Installations d’alarme et d’appel d’urgence».

 

La législation fédérale, et en particulier la loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand), ne contient aucune mesure spécifique concernant la sécurité ou la protection contre l’incendie pour les personnes en situation de handicap. Fondamentalement, l’interdiction de discrimination prévue dans la Constitution et la LHand s’applique aussi lors de la conception des situations d’urgence. Cela signifie par exemple, que les personnes handicapés doivent pouvoir emprunter les mêmes voies d’évacuation que les autres personnes pour quitter le bâtiment. Les normes fédérales ne contiennent toutefois pas de disposition détaillées sur les dispositions à prendre dans les bâtiments en cas de situation d’urgence

Lors de la mise à l’enquête, l’autorité compétente doit procéder à une pesée d’intérêts en cas d’exigences contradictoires (LHand, art. 11).

Norme SIA 500 «Constructions sans obstacles»

Pour la conception des chemins de fuite (ch. 8.1), la norme SIA 500 renvoie à certains points des chapitres 3 à 6 et aux prescriptions de protection incendie de l’AEAI. En cas d’une évacuation différée, la norme décrit les exigences à remplir par les espaces sécurisés contre l’incendie, qui sont pensés comme des «espaces d’attente» (ch. 8.2). Celles pour les installations d’alarme et d’appel sont énumérées au chiffre 8.3.

Lors la conception du projet, les mesures relatives à l’évacuation des bâtiment et au sauvetage des personnes doivent être consignées dans le concept de protection incendie et de sécurité (ch. 2.4).

Voies d’évacuation

Selon la norme SIA 500:

  • les voies d’évacuation doivent remplir toutes les exigences concernant les portes, portes-fenêtres et passages, les couloirs, les surfaces de manœuvre, les rampes et les escaliers (ch. 8.1.1  et 3.2 à 3.6);
  • en ce qui concerne les escaliers, deux aspects revêtent une importance particulière : la visibilité des marches et la possibilité de s’appuyer sur les mains courantes et de s’y guider (points 3.6.3, 3.6.4 et interprétation de la SIA 500, 2018, A06);
  • les éléments de commande et les ouvertures d’urgence sur les portes ou les détecteurs d’incendie doivent répondre aux exigences concernant les éléments de commande (ch. 6.1 et interprétation de la SIA 500, 2018, A12);
  • une voie d’évacuation est le chemin le plus court permettant de se rendre, depuis n’importe quel endroit d’un bâtiment ou d’une installation, vers un lieu sûr à l’extérieur ou à l’intérieur du bâtiment (norme protection incendie AEAI, ch. 35 al. 1);
  • les portes d’évacuation ne doivent pas comporter de seuil (ch. 8.1.2);
  • les voies d’évacuation doivent pouvoir être reconnues en tant que telles. La sécurité et l’orientation des personnes doivent être assurées par une structure spatiale facilement compréhensible et un guidage tactile au sol, ainsi que par des sources de lumière naturelle ou artificielle (ch. 8.1.3, 4.1 et 4.2. Tout éblouissement, miroitement ou reflet doit être évité. Dans les voies d’évacuation, des inscriptions et pictogrammes doivent être placés à une hauteur de max. 1,60 au-dessus du sol (ch. 8.1.3 et 6.2.1). les inscriptions et les éléments de construction doivent être mis en valeur par des contrastes visuels comme aide à l’orientation (ch. 8.1.3 et 4.3).

 

Ces exigences facilitent l’évacuation de toutes les personnes, mais en particulier celle des personnes avec un handicap sensoriel, comme la perte d’orientation et la perte visuelle ou auditive.

Remarques du Centre suisse

  • Le premier réflexe des gens en cas d’incendie est de fuir en utilisant la porte qu’ils ont empruntée pour entrer dans le bâtiment.
  • Prévoir l’évacuation des personnes en situation de handicap par un ascenseur est en général impossible, car celui-ci ne peut pas être utilisé en cas d’incendie. Pour couvrir le temps nécessaire jusqu’au sauvetage effectif, il faut prévoir un espace d’attente sécurisé contre l’incendie.

Espaces sécurisés contre l’incendie

Si les voies d’évacuation passent par des marches isolées ou des escaliers et si les ascenseurs ne sont pas utilisables, il faut prévoir des espaces sécurisés contre l’incendie pour les personnes à mobilité réduite. Ces espaces doivent se trouver en dehors des flux de personnes en fuite (ch. 8.2.1).

Un espace sécurisé est une zone à l’abri des fumées, des flammes et de la chaleur, où une personne en situation de handicap peut attendre les équipes de secours. Il peut s’agir d’un bureau, d’une chambre d’hôtel, d’un tronçon de couloir ou d’une niche de secours (ch. 8.2.1).

La taille d’un espace sécurisé dépend du nombre prévisible d’utilisatrices et utilisateurs en chaise roulante ou ayant une mobilité réduite importante, comme par ex. avec un déambulateur, des béquilles, etc. Sa surface doit correspondre à la dotation en chaises roulantes définie dans l’annexe A en fonction des différentes catégories de construction. Pour déterminer le nombre de places et là où des indications précises manquent, le nombre de personnes en chaise roulante sera estimé à 2% capacité d’accueil prévue (ch. 8.2.2). La répartition de ces places dans un ou plusieurs espaces d’attente sécurisés dépend de la taille du projet.

L’espace requis pour ces espaces protégés est défini comme suit (ch. 8.2.2):

  • surface par personne en chaise roulante : min. 0.80 x 1.40 m, avec un accès par le petit côté
  • largeur du chemin d’accès à l’espace d’attente: min. 1.20 m.

Espaces sécurisés / brandgesicherte Bereiche

 

Recommandations du Centre suisse

Les espaces sécurisés contre l’incendie doivent:

  • être situés le long d’une façade accessible par les véhicules de secours,
  • être équipés, si possible, d’une fenêtre pour pouvoir signaler sa présence soit en façade, soit sur le corridor,
  • s’ouvrir directement sur la voie d’évacuation verticale,
  • être suffisamment grands pour accueillir, en cas de nécessité, d’autres personnes (par ex. une personne accompagnatrice),
  • disposer d’une surface de giration de min. 1,40 x 1,70 m,
  • être signalés par un pictogramme et indiqués sur les plans d’évacuation schématiques,
  • être équipés d’un éclairage de sécurité, qui s’allume en cas de panne de l’éclairage normal.

Il vaut mieux prévoir un seul grand espace sécurisé contre l’incendie que plusieurs petits espaces dispersés sur l’étage ou dans le bâtiment. En cas de panique, peu de personnes réagissent de manière rationelle ! En fonction du bâtiment, les spécialistes en défense incendie et les pompiers doivent déterminer en fonction de l’objet, s’il est préférable pour les personnes en situation de handicap de se rendre par exemple dans un bureau sécurisé que de rester dans des niches de secours disposées dans le corridor ou l’escalier.

Portes pour les chemins de fuite et espaces d’attente sécurisés contre l’incendie

  • L’espace libre à côté des portes, qui ne s’ouvrent pas dans le sens de fuite, doit être respecté (ch. 3.3.3.1).
  • Les seuils de porte ne sont pas admis pour les portes d’évacuation (ch. 8.1.2).
  • La force nécessaire pour actionner la porte ne doit pas dépasser 30 N (ch. 3.3.4.2), sauf indications contraires exigées pour la protection incendie.

 

Vous trouverez plus d’informations sur les portes dans l’article «Portes et portes-fenêtres».

Installations d’alarme et d’appel d’urgence

L’affectation du bâtiment permet de déterminer, si une installation d’appel d’urgence (par ex. un interphone en cas de coupure de courant) est nécessaire dans un espace sécurisé contre l’incendie ou dans des locaux qui ne sont normalement pas destinées à accueillir des personnes (ch. 8.3.1). Une discussion à ce sujet avec les experts en protection incendie est indispensable.

En fonction de la capacité d’accueil, du nombre d’étages ou de lits, différents systèmes d’information, tels qu’un système de sonorisation ou un système d’alerte d’urgence électroacoustique conforme à la norme SN EN 60849, sont exigés (Directive Prévention des incendies et protection incendie organisationnelle / 12-15 ad chiffre 6.1 Généralités):

  • Établissements d’hébergement tels que hôtels, pensions, ou logements de vacances : à partir de 50 lits
  • Grands magasins : à partir de 2’400 m2
  • Locaux recevant un grand nombre de personnes : à partir de 300 personnes
  • Bâtiments comprenant plusieurs salles et un foyer commun, tels que théâtres, cinémas multisalles, salles de concert, salles de danse, lieux de divertissement, etc. : à partir de 300 personnes
  • Halls d’exposition ou d’événements, bâtiments de gares et d’aéroports : à partir de 2’400 m2
  • Stades : à partir de 300 personnes
  • Locaux d’évacuation (espaces sécurisé contre l’incendie) destinés à assurer la sécurité des personnes selon le concept «transfert horizontal» : à partir de 100 personnes

 

Conformément au «principe des deux sens», les installations d’alarme et d’appel d’urgence doivent toujours transmettre de manière équivalente les informations de manière aussi bien visuelle que sonores et, si nécessaire, aussi par le biais de vibrations (ch. 8.3.2, 6.1, 6.2 et interprétation SIA 500, 2018, A12):

  • informations visuelles: par exemple au moyen de pictogrammes rétroéclairés et d’inscriptions lumineuses en caractères bien lisibles ou de lampes stroboscopiques;
  • informations acoustiques: au moyen de messages énoncé de manière compréhensible diffusés avec un volume suffisant; le niveau sonore du haut-parleur doit être adapté en fonction du bruit ambiant présent.

 

Le type d’alarme et la nécessité d’une installation d’appel d’urgence font partie intégrante du concept de sécurité et d’évacuation et doivent tenir compte des spécificités de l’établissement. Ils doivent être définis de cas en cas, d’entente entre le maître de l’ouvrage, les exploitants de l’installation ou du bâtiment, les responsables du concept de sécurité et d’évacuation et le service de conseils pour une construction sans obstacles concerné.

La conception des locaux destinés à accueillir des personnes de manière isolée, tels que les chambres d’hôtel, les bureaux individuels, les toilettes, etc., requiert une attention particulière. Si ces installations ne sont pas fixes, des dispositifs d’alertes mobiles doivent être mis à disposition des personnes en situation de handicap.

Les installations de sonorisation doivent répondre aux exigences de la norme SN EN 60849 «Systèmes électroacoustiques pour services de secours».

Recommandations du Centre suisse
Un dispositif d’alarme visuel et sonore accompagné d’annonces est à prévoir à partir d’une certaine taille de bâtiment, comme les grands magasins, complexes sportifs, gares, salles de concert, etc.

Selon les directives «Systèmes d’avertissement des personnes sur les quais» de l’office fédéral des transports, les annonces d’alerte doivent présenter un niveau d’intelligibilité de la parole supérieur à celui des annonces purement informatives. Cette recommandation est pertinente et doit être prise en compte de manière générale pour les systèmes d’alertes des personnes, et pas uniquement pour les installations sur les quais..

Vous trouverez plus d’informations sur les informations visuelles dans l’article «Orientation et signalétique dans le bâtiment ».

Installations d’appel d’urgence

Les interphones pour appels d’urgence doivent être équipés d’un message écrit dynamique (par ex. «veuillez parler», «les secours arrivent») dans l’une des langues nationales et en anglais, quittançant ainsi la réception de l’appel d’urgence et indiquant la disponibilité d’écoute de l’interlocuteur. Les exigences relatives aux interphones s’appliquent par ailleurs.

Les microphones doivent être disposés de telle manière qu‘ils captent le moins possible les bruits ambiants. Des microphones permettant de réduire la distance entre la bouche et le micro sont recommandés.

Conformément au principe des deux sens, les informations essentielles doivent également être transmises de manière équivalente sur le plan visuel, ou la communication doit être possible visuellement au moyen d’un interphone vidéo.

Vous trouverez de plus amples informations sur les installations de sonorisation dans les directives «Construction adaptées aux malentendants et sourds».

D’autres sujets de réflexion

  • Il incombe aux propriétaires et aux exploitants de veiller à ce que toutes les mesures nécessaires soient prévues pour permettre l’évacuation des personnes en situation de handicap.
  • Quelle est l‘affectation, la géométrie et le nombre d’étage du bâtiment? Combien y a-t-il d’utilisatrices et d’utilisateurs?
  • Est-ce que l’architecte, responsable de la conception, doit contacter à un expert en protection incendie?
  • Dans les bâtiments neufs, les principales voies de circulation intérieurs et les sorties ont-elles été conçues sans obstacles conformément à la norme SIA 500?
  • En fonction de la taille et de l’affectation du bâtiment, faut-il prévoir un responsable de sécurité incendie lors de la mise en fonction du bâtiment? Organisation est le maître mot en cas d’incendie.
  • Des consignes d’évacuation ont-elles été imprimées en gros caractères? Sont-elles affichées dans chaque espace sécurisé contre l’incendie et chaque tronçon de voie d’évacuation à un endroit accessible et à une hauteur de max. 1,60 m au-dessus du sol?
  • Des signaux d’alarme incendie sonores et visuels ont-ils été prévus près des portes de sortie dans toutes les zones publiques du bâtiment (p. ex. couloirs, lieux de réunion, etc.) ou dans chaque tronçon de voie d’évacuation?
  • Est-ce que les personnes malentendantes ou sourdes ont reçus des téléavertisseurs à sonnerie vibrante (pagers), pour les alerter en cas d’incendie?
  • Des collisions avec d’autres personnes en fuite, par ex. sur le chemin menant aux espaces sécurisés contre l’incendie, ne doivent pas se produire (guidage dans les chemins de fuite, largeur et signalisation des chemins de fuite).
  • Les conseillers cantonaux en constructions sans obstacles ne peuvent pas procéder à une évaluation finale des mesures prises en matière de protection incendie. C’est la tâche des experts en protection incendie et des autorités.

 

Situation au 29 juin 2026

Plus d'informations

Abonnez-vous à notre newsletter